L’égalité entre les femmes et les hommes est l’un des principes fondamentaux des droits humains et l’un des facteurs prépondérant pour qu’Haïti devienne effectivement un pays émergent à l’horizon de 2030, comme prévu dans le Plan Stratégique de Développement publié par l’Etat. La concrétisation de l’égalité homme-femme et du respect des droits des femmes est essentielle pour mener à leur terme les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et accélérer la marche du développement durable. En Haïti, depuis la fondation en 1934 de la Ligue Féminine d’action sociale par Madelaine Sylvain Bouchereau, les efforts pour lutter contre les inégalités basés sur le genre ne sont pas moindres.
la signature de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par l’Etat Haïtien et La reconnaissance de l’égalité sociopolitique en 1950, la concrétisation par la constitution de 1987 du principe de l’égalité sont des avancés louables, sans oublier la ratification de la Convention Interaméricaine sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes(CEDEF) et l’adoption de la politique d’égalité homme femme 2014/2030 afin d’assurer le respect des droits des femmes et promouvoir l’égalité. Cependant, en dépit de tous ces efforts consentis visant à redresser la question de l’inégalité de genre, le problème reste de plus en plus pertinent au sein de la société haïtienne.
En effet, Du point de vue socio-éducatif, les filles et les femmes sont souvent victimes du phénomène de décimation traduit par l’accès limité à l’éduction. Pour ce qui concerne les familles défavorisées, cela se manifeste, pour des raisons d’ordre économique, par le redoublement scolaire dû aux lourdes tâches domestiques qui leur sont souvent assignées, l’abandon scolaire, l’échec scolaire et dans le pire des cas l’inaccessibilité presque quasi-totale à un établissement scolaire.
Les femmes continuent de faire face à toute sorte de discriminations basées sur le genre et les inégalités demeurent encore réelles dans notre société. Les filles et les femmes sont alors peu encouragées en sport, en technologie, en politique, en Economie bref, dans les domaines intellectuels. La société haïtienne reproduit et transmet généralement des modèles féminins traditionnels et maintient les stéréotypes de la femme-objet, séductrice, tentatrice, faible et irresponsable, de la femme qui forme un sexe décoratif.